Estime de soi, confiance en soi, amour de soi : pourquoi ce n’est pas la même chose ?

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On entend souvent :

« Il manque de confiance en lui. »
« Elle n’a aucune estime d’elle-même. »
« Il faut apprendre à s’aimer. »

Et pourtant, ces trois notions ne parlent pas exactement de la même chose

La confiance en soi concerne surtout la capacité à oser, essayer, prendre une initiative, passer à l’action.

L’estime de soi concerne davantage la valeur que l’on s’accorde.

Et l’amour de soi touche à la manière dont on continue à se respecter et à prendre soin de soi, y compris lorsque l’on se trompe.

Ces trois dimensions sont liées, mais elles ne se travaillent pas de la même manière.

L’estime de soi : quelle valeur est-ce que je m’accorde ?

L’estime de soi correspond au regard que l’on porte sur sa propre valeur.

Elle touche notamment à des questions comme :

« Est-ce que je peux reconnaître mes qualités ? »
« Est-ce que je peux également accepter mes fragilités ? »
« Est-ce qu’un échec change la valeur que je m’accorde ? »

Chez l’adolescent, cette dimension est particulièrement importante car elle participe à la construction de l’identité.

Selon Germain Duclos, l’estime de soi repose notamment sur quatre composantes : le sentiment de sécurité, la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance et le sentiment de compétence.

La connaissance de soi joue ici un rôle essentiel.

Mieux comprendre son fonctionnement permet de ne pas transformer une différence en défaut personnel.

Un jeune qui comprend mieux son fonctionnement peut progressivement passer de :

« Je suis nul » à : « Certaines situations sont plus difficiles pour moi, mais cela ne définit pas ma valeur. »

Reconnaître ses qualités n’est pas se vanter

Dans nos accompagnements, nous rencontrons très souvent un paradoxe.

Les personnes trouvent facilement leurs défauts.

Mais lorsqu’on leur demande leurs qualités, le malaise apparaît.

« Je ne vais quand même pas me vanter. »
« Ça fait prétentieux. »
« J’ai l’impression de me la péter. »

Pourtant, reconnaître ses ressources n’est pas se croire supérieur aux autres.

Avoir une estime de soi suffisamment équilibrée, c’est aussi être capable de dire :

« Voilà mes forces. »
« Voilà ce que je sais faire. »
« Voilà ce que j’apprécie chez moi. »

Sans que cela devienne une comparaison permanente avec les autres.

Dans certaines situations, ces blocages ne se travaillent pas uniquement par la réflexion. Des exercices comportementaux progressifs peuvent aider à lever certaines inhibitions et certains tabous.

La confiance en soi : est-ce que j’ose agir ?

La confiance en soi concerne davantage l’action.

Un jeune peut savoir qu’il possède certaines compétences et pourtant ne pas oser :

  • prendre la parole en classe ;
  • passer un oral ;
  • aller vers un groupe ;
  • essayer une activité nouvelle ;
  • demander quelque chose ;
  • prendre le risque de se tromper.

C’est pour cela que répéter :

« Mais tu es capable ! » ne suffit pas toujours.

La personne peut intellectuellement comprendre qu’elle est capable, tout en restant bloquée au moment d’agir.

Ce sont parfois de petits pas concrets qui font basculer une croyance.

Une expérience réussie, même très petite, peut progressivement modifier une conviction ancienne.

L’amour de soi : est-ce que je peux continuer à m’aimer même lorsque je me trompe?

L’amour de soi touche à la relation que l’on entretient avec soi-même.

Il ne s’agit pas de se croire parfait.

Il s’agit de pouvoir continuer à se respecter lorsque l’on échoue, que l’on doute ou que l’on ne correspond pas exactement à ce que l’on aurait voulu être.

La différence peut sembler simple, mais elle est essentielle :

« J’ai fait une erreur » n’est pas la même chose que : « Je suis nul. »

La première phrase décrit une situation. La seconde attaque directement l’identité.

La pyramide de Dilts : remettre la difficulté au bon niveau

La pyramide des niveaux logiques de Dilts peut être utilisée comme grille de réflexion.

Une difficulté située au niveau d’un comportement ou d’une compétence peut progressivement être transformée en jugement sur l’identité.

« J’ai raté cet exercice » devient : « Je ne suis pas bon » puis parfois : « Je suis nul ».

L’objectif est donc de remettre chaque difficulté au bon niveau.

Une stratégie peut être modifiée.
Une compétence peut être entraînée.
Une erreur peut devenir un apprentissage.

Mais aucune de ces choses ne définit à elle seule la valeur d’une personne.

Neurosciences : quand les automatismes prennent trop de place

Les neurosciences cognitives et comportementales constituent la colonne vertébrale de l’approche utilisée chez Solution Coaching.

Notre cerveau fonctionne en grande partie grâce à des automatismes.

Ces automatismes sont utiles, mais ils peuvent parfois entretenir :

  • la peur du regard des autres ;
  • la peur de l’erreur ;
  • certaines croyances sur soi ;
  • le besoin d’approbation ;
  • l’évitement.

Avec les jeunes, j’utilise parfois deux métaphores pédagogiques.

Monsieur Méchant représente ces pensées automatiques qui peuvent nous souffler :

« Tu vas te tromper. »
« Les autres vont se moquer. »
« Tu n’es pas à la hauteur. »

Monsieur Malin, lui, représente la capacité à prendre du recul, à analyser la situation autrement et à envisager plusieurs possibilités.

Le but n’est donc pas de supprimer les pensées automatiques, mais d’apprendre à ne pas leur laisser systématiquement le dernier mot.

Référence externe ou référence interne ?

Chez les adolescents comme chez les adultes, l’estime de soi peut devenir très dépendante du regard extérieur.

« Qu’est-ce qu’ils pensent de moi ? »
« Est-ce qu’ils m’approuvent ? »
« Est-ce que je suis assez bien ? »

On parle alors d’une forte référence externe.

Le travail consiste progressivement à développer davantage de référence interne :

« Qu’est-ce que moi je pense de ce que j’ai fait ? »
« Est-ce que cela correspond à mes valeurs ? »
« Quelles sont mes forces ? »
« Qu’est-ce qui est important pour moi ? »

Cela ne signifie pas ne plus écouter les autres.

Cela signifie simplement que leur regard n’est plus le seul thermomètre de notre valeur.

Chez l’adulte : le syndrome de l’imposteur

Cette dynamique se retrouve parfois chez l’adulte à travers le syndrome de l’imposteur.

La personne peut penser :

« Je ne suis pas vraiment légitime. »
« Je ne mérite pas cette place. »
« Un jour, ils vont se rendre compte que je ne suis pas à la hauteur. »

Le doute peut alors conduire à un perfectionnisme important.

La personne travaille énormément pour éviter l’erreur.

Elle réussit.

Mais au lieu d’intégrer cette réussite comme une preuve de compétence, elle pense :

« J’ai réussi uniquement parce que j’ai travaillé deux fois plus que les autres. »

Le doute reste donc intact.

Une approche multidimensionnelle : intervenir au bon endroit

C’est pour cela que nous ne cherchons pas simplement à « donner confiance ».

Les neurosciences cognitives et comportementales constituent notre colonne vertébrale.

Autour viennent ensuite différents outils issus notamment du coaching, de la gestion mentale, de la PNL, de la pédagogie, de l’hypnose ou d’autres approches adaptées aux besoins de la personne.

La question n’est jamais :

« Quel outil vais-je utiliser ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce qui bloque réellement cette personne et à quel niveau faut-il intervenir ? »

J’aime utiliser l’image d’une gare.

Lorsqu’un train bloque l’entrée, il est inutile de vouloir faire avancer tous les autres.

Il faut d’abord identifier celui qui empêche le passage.

Lorsque ce premier blocage évolue, certains autres « aiguillages » peuvent ensuite bouger beaucoup plus facilement.

C’est exactement la même logique dans l’accompagnement.

Estime de soi, confiance en soi, amour de soi : trois dimensions différentes mais complémentaires

En résumé :

La confiance en soi permet davantage d’oser.

L’estime de soi permet de reconnaître sa valeur.

L’amour de soi permet de continuer à se respecter et à prendre soin de soi, même lorsque l’on se trompe.

Avant de vouloir renforcer la confiance d’une personne, il est donc essentiel de comprendre ce qui bloque réellement.

Parce qu’une personne n’est pas une méthode.

Et parce qu’un accompagnement efficace commence toujours par comprendre l’humain qui se trouve devant nous.

Bienvenue dans le monde des humains.